En mai dernier, je suis partie en vacances chez mon amie de longue date, Mahtab. Nous nous sommes connues au Lycée Masséna à Nice! Partie en Californie juste après le bac, elle est aujourd’hui Professeure de Sciences Pharmacologiques à l’Université de Irvine en Californie (Mahtab JAFARI). En plus de l’enseignement, elle dirige depuis plus de 20 ans un laboratoire de recherche que j’ai pu visiter lors de mon séjour. Son sujet de prédilection est le vieillissement. Très appréciée par ses étudiants, elle se soucie de leur bien-être en ayant mis en place un parcours de thérapie par la nature « Nature Therapy » au cœur du campus. Nous avons 2 points communs : une formation scientifique et un attrait particulièrement marqué pour la nature et le bien-être des autres.
Dans la foulée, j’ai eu la chance de partir avec elle en Alaska rencontrer des fermiers partenaires cultivateurs de la Rhodiola, une plante adaptogène aux effets prometteurs contre le stress. Ce sont ses fournisseurs en Rhodiola car elle en a besoin pour ses recherches.

Mais c’est quoi une plante adaptogène ?

Et bien c’est une plante qui a un effet positif sur le corps en l’aidant à s’adapter à tout type de stress sans produire d’effets secondaires indésirables. Cet effet positif est dû aux composés biologiquement actifs contenus dans la plante qui corrigent les déséquilibres et facilitent de meilleures performances mentales et physiques. Bien que ce type de plantes ait été utilisé depuis l’Antiquité, le terme « adaptogène » est relativement récent. Il a été introduit par le scientifique soviétique Lazarev en 1947 pour définir une substance pouvant créer ce qu’il a appelé un « état de résistance générale accrue » au sein d’un organisme face à des facteurs de stress biologiques, chimiques ou physiques.
Entre autre, la Rhodiola aiderait le cerveau à mieux s’adapter en augmentant la sérotonine (hormone du bonheur) et en réduisant le cortisol (hormone du stress).

Une racine, un voyage, une question

Les composés biologiquement actifs de la Rhodiola rosea sont contenus dans sa racine, d’où son nom de racine dorée ou racine arctique. L’un d’eux, le salidroside, est largement utilisé dans les maladies de cœur depuis des décennies. Il a fait l’objet de centaines de publications scientifiques.
La Rhodiola Rosea pousse dans les régions froides comme la Sibérie, l’Europe du Nord ou l’Alaska. Elle est réputée pour stimuler le système nerveux, diminuer la dépression, améliorer les performances au travail, éliminer la fatigue et prévenir le mal des montagnes. Les Soviétiques en donnaient à leurs athlètes et cosmonautes contre le stress. Dans les étendues enneigées des montagnes du Baïkal en Sibérie, les herboristes utilisent cette plante depuis des centaines d’années pour traiter la dépression saisonnière qui y sévit. Elle est aussi utilisée dans la médecine traditionnelle en Asie.
La ferme visitée se situait à Kenai, à plus de 3h de route de la capitale Anchorage. Nous avons emprunté la seule autoroute de la région, une route panoramique qui longeait la côte et où on pouvait admirer les imposantes montagnes encore enneigées en bord de mer.
Ce court séjour en Alaska m’a permis de me pencher sur cette plante, que je ne connaissais absolument pas. Mais que dit la science sur la Rhodiola, et pourquoi elle mérite notre attention ? Mais avant, je vous raconte mon voyage….

Rhodiola en Alaska : rencontre avec les cultivateurs

La ferme de Rhodiola « Cabin Lake Farm » appartient à Jonathan Peters. Fournisseur local de Rhodiola d’Alaska. Il aime cultiver cette plante, mais aussi des amitiés, du bien-être et des relations. Sa ferme est équipée d’une piste d’atterrissage/décollage pour petit avion. Le fils d’un des fermiers venait d’avoir son permis de pilotage… à 17 ans. Autant dire qu’en Alaska, c’est leur deuxième moyen de locomotion ! Nous sommes arrivées en pleine saison de plantation. Les deux familles de fermiers, jeunes et moins jeunes, s’affairaient sur différents postes : extraction des plantules de leur petit pot, création de trous dans la terre avec un bâton pour accueillir ces jeunes pousses, mise d’engrais bio à base de poissons dans chacun de ces trous, plantation en pleine terre, création de nouvelles travées de culture recouvertes de bâche pour éviter la prolifération des mauvaises herbes. La ferme disposait de différents secteurs avec des plantes d’âge différent. La récolte s’effectue chaque année en août, 5 ans après la plantation.

La Rhodiola à l’Université de Irvine : La recherche en action

Avec son équipe, Mahtab a étudié des dizaines de composés aux propriétés anti-âge sur un modèle animal, les mouches des fruits ou « Drosophiles », des merveilles scientifiques.
Ce modèle a permis de faire des découvertes révolutionnaires dans les domaines de la génétique, du comportement et de nombreux autres domaines, améliorant ainsi notre compréhension de la vie elle-même. La Drosophile est très facile à étudier et partage de nombreuses réactions biologiques avec l’Homme. De plus, 75% des gènes impliqués dans des pathologies humaines ont leur équivalent chez la Drosophile.
Son équipe a nourri des mouches avec une pâte de levure enrichie en plantes médicinales chinoises. Environ 70 composés ont été testés, dont une cinquantaine selon des normes scientifiques rigoureuses. Seules 3 des nombreuses substances testées ont eu un impact positif sur la longévité : la racine de Rhodiola Rosea, l’extrait de rose de Damas et une molécule contre le diabète.
Ainsi, les mouches nourries avec de la Rhodiola vieillissent plus lentement que les mouches nourries sans Rhodiola. L’équipe soupçonne un effet protecteur contre certaines substances nocives qui s’accumulent avec l’âge, les radicaux libres. Ces résultats ont été publié dans un article en 2007
En 2009 une autre étude confirme cet effet sur la longévité : la Rhodiola Rosea prolonge la durée de vie moyenne des mouches Drosophile de 24 % par rapport aux témoins. Elle révèle également un effet anti-oxydant. Depuis, plusieurs articles ont été publiés par cette équipe sur ce sujet.
Mahtab est convaincue que les personnes en bonne santé (ou pas) pourraient vivre mieux et plus longtemps en consommant cette racine.

 

Mais que dit la science chez l’humain ?

La Rhodiola attire aujourd’hui l’attention de la communauté scientifique pour une raison simple : elle fonctionne. Elle aide l’organisme à mieux s’adapter aux situations stressantes. Elle réduit les réactions excessives du corps au stress et rétablit progressivement l’équilibre physique et émotionnel. Selon les nombreuses études cliniques analysées, ses effets se ressentent souvent en quelques jours seulement.
Les recherches chez l’humain montrent que la Rhodiola :
– Réduit la fatigue mentale et physique, notamment en période de surcharge professionnelle ou émotionnelle.
– Améliore la concentration, la mémoire et la clarté mentale, même lors de journées intenses.
– Diminue le stress, l’anxiété légère et les symptômes liés au burnout, tout en stimulant l’humeur.
– Favorise les performances sportives, en améliorant l’endurance et la récupération.
– Soutient le cœur, en limitant les effets nocifs du stress sur le système cardiovasculaire.
– Aide la fonction hormonale et reproductive, notamment pour les femmes ayant des cycles perturbés par le stress.
Les essais cliniques montrent une très bonne tolérance, beaucoup moins d’effets secondaires que les traitements classiques, et une action plus douce mais tout aussi pertinente pour les stress légers à modérés. Elle agit en profondeur sur les neurotransmetteurs (sérotonine, dopamine) et réduit la production excessive d’hormones de stress (cortisol).

Une racine pleine de promesses 

Face à l’explosion mondiale des troubles anxieux et dépressifs, un nombre croissant de personnes se tournent aujourd’hui vers des remèdes naturels pour prendre soin de leur santé mentale. La Rhodiola rosea apparaît comme l’un des remèdes naturels les plus prometteurs pour soutenir la santé mentale.
Elle s’impose comme une solution naturelle, efficace et scientifiquement reconnue pour retrouver énergie, calme et équilibre dans un quotidien exigeant. Un véritable allié pour toutes celles et ceux qui veulent se sentir mieux, naturellement.
Les recherches récentes confirment ce que les médecines traditionnelles savaient depuis des millénaires : La Rhodiola rosea est un allié naturel puissant pour soutenir l’humeur, réduire le stress et renforcer l’énergie mentale.

Quelle dose, quels effets secondaires ?

Une prise de 340 à 680 mg par jour pendant 6 semaines améliore significativement les symptômes de dépression légère à modérée, avec une excellente tolérance.
Dans une comparaison directe avec la sertraline (antidépresseur classique), Rhodiola a montré une efficacité plus modeste mais beaucoup moins d’effets secondaires, ce qui la rend particulièrement intéressante pour les personnes sensibles aux traitements chimiques.
Chez des individus souffrant d’anxiété légère, 200 mg deux fois par jour pendant 14 jours ont réduit le stress, l’anxiété, l’irritabilité et les symptômes associés.
La Rhodiola est considérée comme non toxique, sans addiction, avec très peu d’effets indésirables rapportés, même à des doses allant jusqu’à 680 mg.
Elle n’entraîne pas d’épuisement des réserves de neurotransmetteurs, contrairement à certains antidépresseurs. Cependant, la prudence est de mise en cas de grossesse et de prise d’antidépresseur. Un avis médical est fortement recommandé dans ces 2 cas.

Ce que je retiens de cette aventure scientifique et humaine

Outre le fait de revoir mon amie et de visiter son laboratoire de recherche en Californie, cette aventure en Alaska m’a permis de découvrir cette plante dont je n’avais jamais entendu parler auparavant. La nature n’a pas fini de nous étonner ! J’ai rencontré des gens passionnés par cette plante qui n’a sans doute pas finit de dévoiler ses secrets. Le fermier m’a donné quelques fioles de teinture de Rhodiola et je n’hésite pas à en consommer quelques gouttes dans un verre d’eau quand j’ai besoin de m’apaiser. Par contre, elle a un effet stimulant et je conseillerais plutôt de la prendre le matin.
Vous avez testé la Rhodiola ? Partagez votre expérience en commentaire !
Ou posez vos questions, je suis là pour vous aider.

Sources

Rhodiola rosea: a possible plant adaptogen. Adaptogen, A. P. P. (2001). Altern Med Rev, 6(3), 293-302. 
Plant Adaptogens-History and Future Perspectives. Todorova V. et al. Nutrients. 2021 Aug 20;13(8):2861. 
Rhodiola: a promising anti-aging Chinese herb. Jafari M et al. Rejuvenation Res. 2007 Dec;10(4):587-602. 
Decreased mitochondrial superoxide levels and enhanced protection against paraquat in Drosophila melanogaster supplemented with Rhodiola rosea. Schriner SE et al. Free Radic Res. 2009 Sep;43(9):836-43. 
The Orange County Register News 2, Friday, Dec.21, 2007.
The Orange County Register News 3, Wednesday, June 26, 2013.
The Effectiveness of Rhodiola rosea L. Preparations in Alleviating Various Aspects of Life-Stress Symptoms and Stress-Induced Conditions-Encouraging Clinical Evidence. Ivanova Stojcheva E, Quintela JC. Molecules. 2022 Jun 17;27(12):3902 
The Potential of Selected Plants and Their Biologically Active Molecules in the Treatment of Depression and Anxiety Disorders. Urbanska N et al. Int J Mol Sci. 2025 Mar 6;26(5):2368.